« Une thèse de sociologie unique en son genre » – Article publié dans Act’UEVE (Juin 2013)

« Une thèse de sociologie unique en son genre » – Article publié dans Act’UEVE (Juin 2013)

Comment expliquer l’usage du bulletin de vote ? Et plus précisément celui du vote nul ou blanc ? C’est à cette question que Jérémie Moualek s’est attaqué dans sa thèse débutée en novembre 2012 au Centre Pierre Naville, laboratoire de sociologie de l’Université d’Evry.

Quelques exemples de bulletins nuls retrouvés par Jérémie dans les archives départementales de l’Oise.

Une question originale mais surtout traitée pour la première fois dans une thèse de sociologie. L’idée lui est venue en 2007 lors des élections présidentielles, « c’était la première fois que je votais et je n’étais convaincu par aucun des candidats » explique Jérémie, « j’ai alors décidé de déposer une enveloppe vide dans l’urne pensant voter blanc et donc exprimer une opinion politique or je me suis aperçu que mon vote était compté comme nul. A l’époque je ne connaissais pas la différence et je me suis demandé quel type d’expression politique revêtait ce type de vote ? » ajoute-t-il. Un Master de sociologie image et société plus tard, Jérémie décide d’entamer sa thèse sur ce sujet poussé par Jean-Pierre Durand, un de ses enseignants-chercheurs qui deviendra son directeur de thèse.

Jérémie part alors à la recherche des bulletins nuls des dernières élections mais la tâche se révèle moins évidente que prévue. En France, seul le service des archives départementales de l’Oise a conservé les bulletins nuls des élections présidentielles et législatives de 2007 et 2012. Le doctorant vient de finir de dépouiller l’année 2007, soit un peu plus de 2000 bulletins. Ceux qui l’ont le plus marqués : « les bulletins où les gens ont noté leur nom et prénom, j’en ai d’ailleurs contacté certains et je prévois de les rencontrer. » Les autres prennent la forme de pamphlets, de photomontages, d’articles de presse, de bulletins officiels annotés ou rayés ou encore de bulletins qui se répondent. L’apprenti sociologue les a classés par typologie et son travail de recherche consistera à leur donner un sens.

Un sujet passionnant et brûlant d’actualité quand on sait qu’il y a une augmentation significative des votes blancs depuis 1993, qui a connu un record lors de l’élection présidentielle de 2012. Des votes qui ne sont pas comptabilisés lors du dépouillement malgré leur nombre. « On sait aujourd’hui que Jacques Chirac en 1995 et François Hollande en 2012 n’auraient pas eu la majorité absolue si les votes blancs et nuls avaient été comptabilisés… Il est donc important de les réhabiliter » explique Jérémie.

Jérémie Moualek a 3 ans minimum pour traiter son sujet dans le cadre de son contrat doctoral.
Sa thèse sera une des premières à prendre la forme d’un rendu écrit classique mais aussi d’un documentaire de 52 minutes. En parallèle, le doctorant donne des cours à l’UEVE.
Une révélation pour le jeune homme qui s’est découvert une vraie passion pour l’enseignement et envisage d’en faire peut-être son métier.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s